station sur poses

Qui séjourne auprès de la négation ne peut se servir d’elle.

[Maurice Blanchot, L'espace littéraire (1968)]


de janvier dernier à janvier demain. un an est passé presque. ce que tu as envie de dire et comment. ne se mesure pas. il y a les bases qui se tamponnent. ce sont les réalités. ces bases ces plateformes sont le fond de l’écrit. rendre le brut du dehors aux bases. leur donner ce brut. ce pourquoi uniquement elles existent. un fond qui reste. toujours le même avec quelques variantes. pour l’essentiel toujours le même. vous vous supportez mutuellement dans les moments forts. la langue se tord parce que le brut. la langue doit rendre. on n’est pas fort quand le train quotidien roule sans embâcle. comprenez. un fond pour quand écrire s’affole ou c’est s’abandonner à la folie. un fond qui te questionne. c’est sur ça que tu écris. les origines de nos manques. écrire naît du manque. écrire est un manque et produit du manque. le fond est une pâte fragile. et périssable aussi. et puis sinon il y a les moments faibles. ce moment est pour toi un moment faible. le moi empare. essouche. te débarrasse. tu n’as pas de distance. et au milieu des plateformes. au centre du fond. se croisent tout au centre s’abandonnent des arcs. ce sont des arcs que tu tentes d’étirer. que tu étires quasiment pétris. ils sont l’invention. des fils rouges qui partagent tout le reste. les fils rouges doivent être. même discrets. sinon la représentation est insupportable. du négatif. tu écris dans la négativité de toi-même. toujours dans la relation à l’autre. en moins. là où le manque prend racine. c’est le cri. ne se mesure pas. il y aura toujours ces formes de couloirs. des stations où tu as posé nue.


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