la plaza

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Dans la disposition des rues chacun constitua l’itinéraire de sa poursuite; à l’endroit où il avait perdu les traces de la fugitive, il ordonna l’espace et les murs autrement que dans le rêve, de telle sorte qu’elle ne puisse plus s’échapper. [Italo Calvino, «les villes et le désir», Les villes invisibles]

Ce soir j’étais deux minutes à amsterdam. Ce soir nous avons emprunté la rue de la plaza saint-hubert. certains y voient des faux airs de paris, moi j’y hallucine amsterdam. Sans consistance vraiment ni symétrie aucune entre les deux réalités, j’ai pourtant ressenti comme un désir de lécher les vitrines pour voir si tout ça le plastique allait s’animer, me fixer, m’inviter à entrer. J’ai repris ton bras et j’ai pensé tout souvenir devient un jour fiction. Du réel restent les déclencheurs de rêves du passé, un passé qu’on dirait soudain si profond, comme une seconde enfance ou une vie d’outre-monde à retardement. Mais voilà, ce n’est pas cela une plaza, je ne suis pas à paris ni à amsterdam, je ne suis même pas rue de la plaza saint-hubert à montréal; je suis une histoire américaine, je suis dans mes villes invisibles.


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